Listes et désignations
Patrimoine mondial :
Parc national historique –
Citadelle, Sans Souci, Ramiers
Le Parc national historique – Citadelle, Sans-Souci, Ramiers (PNH-CSSR) est situé dans les massifs montagneux du Nord d’Haïti. Créé par un décret présidentiel en 1978, le parc s’étend sur 25 km2 et abrite des monuments emblématiques de l’indépendance d’Haïti : la Citadelle Henry, le palais et le complexe de Sans-Souci ainsi que le site des Ramiers. Ces sites sont des témoins uniques de l’histoire de la nation haïtienne, résultant d’une révolte des esclaves noirs contre les colons français en 1804. Le PNH-CSSR revêt une importance majeure pour Haïti et le monde en tant que symbole de la liberté et de la résistance contre l’oppression. La préservation de ces monuments et leur gestion responsable sont essentielles pour préserver ce précieux patrimoine culturel et historique.
Patrimoine culturel immatériel :
Soupe joumou
La soupe joumou, soupe au giraumon, ou soupe de l’indépendance, a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2021. Cette soupe traditionnelle revêt une importance culturelle et historique pour Haïti. Autrefois réservée aux propriétaires d’esclaves, la soupe est devenue un symbole de liberté et de résilience lors de la proclamation de l’indépendance du pays. Sa préparation, typiquement le 1er janvier pour célébrer l’indépendance, favorise la cohésion sociale et renforce le sentiment d’appartenance aux communautés haïtiennes. Elle est également un repas traditionnel pour les familles et les communautés le dimanche. La soupe joumou est un témoignage vivant de l’histoire d’Haïti et de sa culture culinaire, et elle est également partagée et appréciée dans d’autres régions des Caraïbes et d’Amérique latine.
Patrimoine culturel immatériel :
Cassave
La cassave, élément du patrimoine culturel immatériel d’Haïti, est désormais candidate à l’inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette candidature est déposée conjointement par cinq pays de la région : Cuba, Haïti le Honduras, la République dominicaine et le Venezuela. La préparation de la cassave, transmise de génération en génération, est un symbole d’un héritage millénaire transmis à nos ancêtres africains par les Taïnos, établissant un lien profond entre les racines amérindiennes et africaines. Elle représente un dialogue interculturel et est un témoin de la rencontre entre l’Europe et l’Amérique. Après la soupe joumou, c’est la deuxième soumission haïtienne à cette liste. Cette démarche multinationale témoigne de l’importance de la cassave pour les communautés haïtiennes et caribéennes, marquant ainsi une étape significative dans la préservation de ce patrimoine immatériel.
Patrimoine culturel immatériel :
Konpa / Compas d’Haïti
Le Konpa, ou Compas, forme emblématique de musique et de danse haïtienne, est désormais candidat à l’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette candidature, officiellement soumise par la Délégation permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO, marque un moment fort dans la reconnaissance internationale de ce pan essentiel de l’identité culturelle haïtienne. Né dans les années 1950, le Konpa s’est diversifié en de nombreuses variantes telles que Compas Direct, Hounsi, Cadence Rampas, et bien d’autres, reflétant la richesse et la diversité de la culture haïtienne. Plus qu’une simple expression artistique, le Konpa est un symbole de cohésion sociale et un élément central de la vie culturelle en Haïti, célébré par les Haïtiens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Cette candidature, la troisième soumission d’Haïti depuis la ratification de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, est soutenue par un vaste mouvement de concertation incluant des artistes, des associations culturelles, et des institutions académiques. Le Konpa, inscrit au Registre national du patrimoine culturel immatériel haïtien depuis 2019, continue de rassembler et d’inspirer la nation haïtienne, symbolisant la vitalité et la créativité du patrimoine culturel immatériel haïtien.
Réseau UNESCO des lieux liés à l’histoire
et à la mémoire de l’esclavage :
Bois caïman
Le site historique de Bois Caïman, élément central du patrimoine immatériel haïtien, a été officiellement proposé par la Délégation permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO pour une inscription au Réseau UNESCO des lieux liés à l’histoire et à la mémoire de l’esclavage. Cette candidature, la première du genre pour Haïti, s’inscrit dans les efforts du gouvernement haïtien pour valoriser et préserver la mémoire collective du pays. Le Bois Caïman est le lieu où, en août 1791, a eu lieu la célèbre cérémonie qui a marqué le début de la révolution haïtienne contre l’esclavage, un événement désormais commémoré mondialement le 23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. Plus qu’un simple site historique, Bois Caïman est un symbole puissant de la lutte pour la liberté, l’égalité et la dignité, ancré dans l’identité haïtienne et transmis de génération en génération à travers l’éducation, la culture et la recherche. Classé patrimoine touristique national en 1982 et déclaré d’utilité publique en 1995, ce site emblématique continue d’inspirer divers projets, dont la construction d’un musée de l’Esclavage, visant à renforcer la reconnaissance de ce patrimoine inestimable.
Registre international Mémoire du monde :
Fonds Odette Mennesson Rigaud
Le fonds documentaire « Milo Rigaud / Odette Mennesson-Rigaud » est un trésor culturel haïtien inscrit au Registre de la Mémoire du Monde de l’UNESCO. Constitué après vingt-cinq années d’efforts (1944-1969) et près d’un demi-siècle de recherche ethnographique de Madame Mennesson-Rigaud, il représente une compilation magistrale de l’évolution du Vodou haïtien, une pratique longtemps exclue. Ce fonds de plus d’un millier de dossiers, notes, chants, dessins et documents divers couvre le Vodou de Port-au-Prince ainsi que d’autres régions du pays. Il est d’autant plus précieux qu’il est le témoin d’une période faisant suite à une campagne de répression violente, dite antisuperstitieuse, contre le Vodou. Malgré la destruction de l’édifice de la Bibliothèque Haïtienne des Pères du Saint-Esprit lors du tremblement de terre de 2010, les collections ont été récupérées et conservées, préservant ainsi ce patrimoine culturel unique pour les générations futures.
Registre international Mémoire du monde :
Registres identifiant les personnes
en esclavage dans les anciennes colonies françaises (1666-1880)
Les « Registres identifiant les personnes en esclavage dans les anciennes colonies françaises (1666-1880) » constituent une nouvelle inscription au Registre de la Mémoire du Monde, soumise conjointement par Haïti et la France. Cette collection de documents représente un effort significatif pour offrir aux chercheurs des informations précieuses sur la vie et l’identité de personnes mises en esclavage. Les registres comprennent des actes de baptême, de mariage et de sépulture, ainsi que des actes d’émancipation, des matricules et des déclarations de marronnage.
Réserves de biosphère :
La Selle – Jaragua-Bahoruco-Enriquillo
Haïti compte deux réserves de biosphère qui enrichissent le réseau mondial de l’UNESCO, lequel réunit 738 réserves dans 134 pays, dont 22 sont transfrontalières. Sous l’égide du Programme sur l’Homme et la biosphère, le Réseau mondial de réserves de biosphère promeut l’harmonie entre l’Homme et la nature pour un développement durable. Cet outil fondamental favorise la coopération Nord-Sud et Sud-Sud, catalysant des approches de développement durable à travers le dialogue participatif et l’échange de connaissances.
Parmi ces précieuses réserves se trouve la Réserve de biosphère transfrontalière La Selle – Jaragua-Bahoruco-Enriquillo. Cette réserve transcende les frontières, unissant les massifs de La Selle en Haïti et Jaragua-Bahoruco-Enriquillo en République Dominicaine. En créant des corridors écologiques, cette initiative renforce la gestion environnementale. Du côté haïtien, nichée au sein du Massif de la Selle, cette réserve abrite le point culminant d’Haïti, le Pic La Selle. Elle abrite également la deuxième région la plus biodiversifiée du pays après le Massif de la Hotte. Cet espace est un trésor naturel et culturel doté d’une importance géologique et d’une diversité économique notable.
Réserves de biosphère :
La Hotte
La Réserve de biosphère de La Hotte en Haïti englobe des zones terrestres et marines et est reconnue pour ses variations climatiques allant du tropical humide au subtropical sec. Avec six sommets majestueux et un écosystème côtier et marin unique au nord (îles Cayemites) et au sud (île-à-Vache), cette réserve évoque une mosaïque d’activités économiques, nourrissant également des vestiges historiques importants. Elle préserve ainsi les écosystèmes, la biodiversité, les valeurs culturelles et stimule la recherche et l’éducation, grâce à une variété de climats allant du tropical humide à la forêt subtropicale sèche.
Ville créative :
Jacmel
La ville de Jacmel, reconnue pour son riche patrimoine architectural, sa scène artistique, son vibrant secteur artisanal et son carnaval éclatant, a été inscrite au Réseau des villes créatives de l’UNESCO comme ville créative d’artisanat et des arts populaires en 2014. Après le séisme de 2010, la ville s’est engagée à préserver son précieux patrimoine, investissant dans la promotion de la culture, de l’art et de l’artisanat. Le Carnaval de Jacmel, réputé pour sa créativité et ses masques en papier mâché, incarne l’âme créative de la ville. Cet événement annuel rassemble des créateurs et artisans en collaboration avec des associations professionnelles. Jacmel s’efforce également de restaurer et protéger son centre historique pour développer le tourisme culturel et préserver la mémoire collective. En tant que ville créative, Jacmel se positionne pour élargir la création artistique, soutenir l’éducation artistique et collaborer avec d’autres villes créatives afin de stimuler le potentiel artistique des Caraïbes.
UNITWIN/Chaire UNESCO :
Femmes et Sciences pour le Développement
Haïti accueille avec fierté deux Chaires UNESCO dans le cadre du Programme des Chaires UNESCO/UNITWIN, une initiative mondiale regroupant 850 institutions dans 120 pays. Ce programme favorise la collaboration internationale entre universités pour renforcer les capacités institutionnelles grâce à l’échange de connaissances et à la coopération.
La Chaire UNESCO « Femmes et Sciences pour le Développement » de l’Institut des Sciences, Technologies et Études Avancées d’Haïti (ISTEAH) vise à accroître la présence des femmes dans les domaines scientifiques (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) par le biais de campagnes systématiques et d’activités de sensibilisation impactantes à tous les niveaux du système éducatif haïtien. Elle promeut l’excellence parmi les jeunes femmes tout en renforçant leur leadership et leur influence dans les sphères décisionnelles.
UNITWIN/Chaire UNESCO :
Histoire et Patrimoine
La Chaire UNESCO en Histoire et Patrimoine de l’Université d’État d’Haïti a pour objectif de développer les connaissances et compétences académiques, scientifiques et techniques en histoire et patrimoine. Hébergée à l’Institut supérieur d’études et de recherches en sciences sociales (IERAH-ISERSS), cette entité autonome renforce les actions gouvernementales et communautaires dans ces domaines, affirmant son rôle en tant que centre dynamique de recherche et de réflexion en Haïti et dans la Caraïbe. Elle contribue à l’élévation des connaissances historiques et patrimoniales pour renforcer l’identité culturelle et la présence d’Haïti sur la scène mondiale.
UNITWIN/Chaire UNESCO :
L’eau, l’hygiène, et l’assainissement dans les écoles
La Chaire UNESCO sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement de l’Université Quisqueya vise à promouvoir un système intégré de recherche, d’enseignement et de formation autour des enjeux cruciaux liés à l’eau dans les écoles en Haïti. En réponse aux défis posés par le stress hydrique, la croissance démographique et l’absence d’infrastructures sanitaires adéquates, cette initiative cherche à renforcer la sensibilisation et l’éducation sur la gestion durable des ressources en eau. Le projet s’appuie sur des activités pédagogiques novatrices et des clubs de jeunes pour les sciences de l’eau, contribuant ainsi à la sécurité hydrique et à l’amélioration des conditions sanitaires dans le milieu scolaire haïtien.

Délégation permanente d’Haïti
auprès de l’UNESCO
1, rue Miolis
75015, Paris, France
